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Des ONG dénoncent les exportations d’armes de l’Espagne à l’Arabie saoudite

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des maisons détruites par les frappes de la coalition saoudienne au Yémen. ©Sputnik

Plusieurs ONG ont demandé au gouvernement espagnol d’arrêter les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite et d’annuler les ventes en cours.

Selon l’agence de presse IRNA citant El Mundo, les dirigeants de plusieurs ONG, à l’instar d’Amnesty International, de Greenpeace, de FundiPau et d’Oxfam Intermon, ont lancé une campagne appelée Armas Bajo Control, en adressant une demande au secrétaire d’État au Commerce, qui préside également le conseil interministériel du commerce extérieur de la défense.

Le navire Esperanza, dans le port de Bilbao, d’où des conteneurs d’armes ont été envoyés en Arabie saoudite. ©Amnesty International

La campagne a été lancée sur le port de Bilbao, le lieu d’où sont partis l’année dernière plus de 300 conteneurs d’explosifs en direction de l’Arabie saoudite.

Les ONG affirment à juste titre que ces armes exportées pour une valeur de plus de 650 millions d’euros ont fini par atterrir sur les civils yéménites tués par milliers depuis le début de la guerre lancée en mars 2015 par la coalition saoudienne.

Ces ONG rappellent également que des violations flagrantes du droit international ont été commises au Yémen en toute impunité.

Selon le rapport intitulé « Les armes incontrôlées : le commerce noir de l’Espagne », après un contrôle de l’ensemble du processus de validation des exportations et du suivi des armes vendues, il ressort des « doutes raisonnables et très préoccupants » sur l’utilisation finale des explosifs.

Le rapport se demande alors si Madrid a fait une évaluation rigoureuse, au cas par cas, de chaque transfert d’armes en Arabie saoudite. « Comment pouvez-vous être certains qu’elles ne sont pas utilisées dans le conflit au Yémen ? Quel genre de suivi fait l’Espagne sur le terrain ? Le gouvernement espagnol a-t-il la certitude de ne pas être complice de crimes de guerre ? » s’interroge le rapport.

Le rapport indique aussi : « Les autorités n’ont pas apporté une réponse satisfaisante à ces questions et à d’autres questions clés… Elles censurent même les organisations qui se plaignent que les procès-verbaux du conseil approuvant les exportations soient secrets. »

Le rapport souligne par ailleurs l’urgence qu’il y a à mettre un terme aux exportations d’armes à l’Arabie saoudite et à annuler les contrats de vente déjà signés.

Et le document indique qu’il est « impératif » de prendre des mesures pour permettre à l’avenir un contrôle parlementaire préalable sur les exportations dites « sensibles ».

Esteban Beltrán, le directeur d’Amnesty International en Espagne, a accusé la coalition saoudienne d’avoir « lancé de nombreuses attaques aériennes illégales, dont certaines pourraient être considérées comme des crimes de guerre et dont l’Espagne risque d’être tenue pour complice. »

Le directeur espagnol de Greenpeace, Mario Rodríguez, a lui annoncé que « cela donne l’impression que le secret du commerce des armes est un instrument supplémentaire de la politique officielle de soutien à l’exportation d’armes ; ce qui est du goût des entreprises du secteur ! »

Le directeur d’Oxfam Intermon, Jose Maria Vera, a quant à lui affirmé qu’il est « inacceptable » que la réponse du gouvernement espagnol au conflit yéménite, « la plus grande crise humanitaire au monde selon l’ONU » soit en fait « de réduire l’aide humanitaire et de vendre des armes sans contrôle ! »

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SOURCE: FRENCH PRESS TV